La dépression
Coucou les amis,
Aujourd'hui, je souhaite vous parler d'un sujet qui me tient particulièrement à coeur, puisque j'ai moi-même été touchée par cette maladie, il s'agit de la dépression.
Tout d'abord, sachez que la dépression est sans doute la maladie de notre siècle, elle touche près de 3 millions de personnes en France et s'attaque à tous types de personnes: hommes - femmes, jeunes - vieux, qu'importent les origines et les cultures.
La dépression est une maladie qui n'a pas de symptômes physiques, elle ne se voit pas, et c'est sans doute pour cela que beaucoup de gens ne la comprennent pas. Il n'est pas évident de distinguer le simple coup de déprime de la vraie dépression, et certains croient qu'il suffit de se bouger un peu, de se remotiver, pour s'en sortir. Mais c'est loin d'être aussi simple, croyez-moi! La dépression est une maladie vicieuse, qui détruit l'âme de ceux qui la subissent. Elle attaque aussi le coeur, qui se vide de tout sentiment. La peur, la tristesse, le dégoût de soi et la souffrance habitent en permanence l'esprit de la personne dépressive. La dépression fait changer, elle influence, elle abat, elle tue même parfois.
J'ai eu envie de mourir à cause de la dépression, car elle ne donne plus de sens à la vie. Je croyais que le monde serait mieux sans moi, car je croyais être une mauvaise personne, qui ne mérite pas de vivre. Je regardais le monde avec des yeux noirs, je le trouvais laid ce monde, sale, pourri de l'intérieur. Je ne voyais plus les beautés de la nature, même l'Homme avait perdu son humanité. L'amour des miens ne me touchait plus, je n'y croyais plus. J'avais perdu moi aussi mon humanité, et ce qu'il me restait d'espoir s'était évanoui, envolé, consumé. Je voulais mourir car j'avais perdu le contrôle de mes pensées et de mes émotions.
Bien sûr, c'était une fuite en avant! J'avais perdu toute estime de moi, et mes problèmes du quotidien étaient devenus insurmontables, je ne pouvais plus me lever le matin, je dormais toute la journée, impossible non plus de travailler, ni de m'occuper de ma maison. La vie n'avait plus de goût, je n'avais plus goût à rien, rien ne pouvait me consoler.
Mon médecin traitant a vite compris l'urgence de ma situation, et il m'a proposé un traitement, des anti-dépresseurs et des anxiolitiques. Ces médicaments aident généralement à restaurer le fonctionnement normal du sommeil, de l’appétit, à retrouver l’initiative, une perception positive de la vie… ils sont tellement nombreux qu'il faut souvent essayer plusieurs combinaisons avant de trouver le bon traitement. Et bien évidemment, même s'ils sont d'un grand soutien, ils ne valent pas grand chose sans l'appui d'une psychothérapie. La psychothérapie est un traitement à part entière de la dépression. De nombreuses études ont permis d’en prouver l’efficacité et d’en préciser les indications.
Il existe différentes méthodes de psychothérapie privilégiant des formes particulières d’intervention. Mais quelle que soit la méthode utilisée, la psychothérapie est avant tout fondée sur un échange de personne à personne qui s’instaure grâce à l’écoute, la bienveillance, l’absence de jugement et la compréhension du praticien. Celui-ci est par ailleurs tenu au secret professionnel. La qualité de la relation, le sentiment d’être accueilli et compris dans ce que l’on vit et ressent, sont des éléments déterminants de toute psychothérapie. Le praticien est là pour entendre la souffrance, les difficultés, les doutes ; il favorise l’expression de ce qui est réellement ressenti et nous aide à mettre des mots sur notre vécu en utilisant différentes techniques : questions ouvertes, reformulation des problèmes, exercices de mise en situation, espaces de silence. Le praticien nous propose donc un face-à-face avec nous-mêmes en toute confiance, dans un cadre sécurisant. Tout est fait pour aller au-delà d’où nous avons l’habitude d’aller ; nous pouvons alors nous regarder d’une autre façon, prendre conscience de nouvelles choses, aborder nos problèmes d’une façon différente, trouver de nouvelles réponses et des solutions efficaces.
Personnellement, j'ai rencontré plusieurs psychothérapeutes, tous très compétents, tous très à l'écoute. Ils m'ont tous aidée à un moment-clé de ma vie. J'ai d'abord travaillé avec un homme, d'un certain âge, très rassurant, très doux, qui a été à mon écoute pendant toute la période aigüe de ma dépression. Puis, je suis devenue maman, et là, bizarrement, j'ai eu le besoin de m'adresser à une femme, qui pouvait comprendre mes angoisses de jeune maman. Alors j'ai été suivie par une psychologue clinicienne, un peu froide, un peu brutale, ce qui m'a déstabilisée, je n'étais pas à l'aise avec elle. Il est très important de se sentir bien avec son thérapeute. On ne doit rien à un praticien, ce n'est pas un ami ou un membre de notre famille, il n'y a pas de fidélité qui tienne. Alors j'ai changé. Dans le cadre de mon parcours pour la chirurgie bariatrique, j'ai rencontré une psychologue spécialiste du comportement alimentaire, et le contact est très bien passé, je l'ai alors choisie pour qu'elle m'accompagne au quotidien. Je lui dois beaucoup!
L'épisode aigü de ma dépression a eu lieu en 2009 et a duré plus de 3 ans. Aujourd'hui, je suis toujours sous traitement, bien moins invasif qu'à un certain moment, mais sous traitement quand même. Je suis en thérapie depuis presque 10 ans, et j'ai le sentiment de ne pas encore avoir trouvé toutes les réponses à mes questions. Sans compter que ma grande perte de poids a engendré de nouvelles questions, de nouveaux comportements, de nouvelles émotions, que j'essaye de comprendre avec l'aide de ma psychologue.
Si vous devez ne retenir qu'une chose de cet article, je dirai cela: "la dépression est l'expression de grandes souffrances, qui ne sont ni comparables, ni quantifiables, ni qualifiables"! C'est très important! Nous réagissons tous différemment face à la douleur, et certains sombrent, c'est la dépression. Mais je vous le répète, cette maladie touche tout le monde, ce n'est pas par exemple parce que l'on a de l'argent qu'on ne peut pas être dépressif. Alors soyez bienveillants, patients et aimants avec les personnes dépressives. Pour ma part, ni mon mari, ni ma famille, ni mes amis ne m'ont mis de quelconque pression pour m'obliger à sortir de l'état dépressif, ça n'aurait servi à rien; pire, ça m'aurait fait chuter plus profondément. Ils m'ont juste entourée de tout leur amour et c'est cela qui a compté, qui m'a redonné goût à la vie: aimer et être aimée!
Bonne lecture!
Source: http://www.info-depression.fr/